FM

-FACULTE DE MEDECINE-

FILIERE D’INGENIERIE BIO-MEDICALE (IBM)

0- CONTEXTE

L’Université Officielle de Ruwenzori a amorcé un processus d’ouverture d’une filière Bio médicale au cours de l’année 2015-2016. L’évaluation faite de ce processus au cours de la réunion du conseil facultaire du 21 décembre 2015 a montré que l’ouverture de cette filière est inopportune et qu’il importait de réorienter cette initiative sur une autre filière plus porteuse, à savoir l’Ingénierie bio médicale.

En effet, la formation des médecins généralistes à la Faculté de Médecine bute contre les contraintes ci-dessous :

  1. Au point de vue de la demande sociale : en RDC, l’effectif de médecins formés dépasse largement les besoins d’absorption par le secteur de la santé. Cette situation a été dénoncée depuis l’an 2006 par la stratégie de renforcement du système de santé de la RDC. La situation est tellement dramatique que la seule province du Nord Kivu dispose à ce jour de 3 facultés formant des médecins généralistes et nombreux médecins formés sont en chômage et d’autres s’adonnent à des prestations privées dans des conditions qui ne peuvent garantir des prestations de qualité.
  2. Au point de vue des instructions académiques : l’instruction 017/MINESU/CABMIN/TMF/SMM/2015 du 30/09/2015, au point 1.17, page 16 revient sur le caractère sacré de la vie humaine, impose le sérieux dans la formation en médecine et annonce la fermeture, dès la rentrée académique 2016-2017, de toutes les facultés de Médecine qui ne se seront pas dotées de leurs propres cliniques Universitaires. A ce jour la faculté de Médecine de l’UOR ne dispose pas des cliniques Universitaires propres. La même instruction prévoit au point 2, page 7 que les inscriptions dans les classes montantes à la Faculté de Médecine ne sont autorisées qu’en première année de doctorat pour les étudiants venant de facultés de médecine des autres universités. Or certains étudiants ont été recrutés pour le troisième graduat bio médical.
  3. Au point de vue des capacités de formation : Hormis pour le premier graduat de Médecine, l’UOR ne dispose pas d’enseignants ou des professeurs attitrés en son sein dans les domaines clés de formation des médecins généralistes tant pour le graduat que pour le doctorat.  Les enseignements pour les cours suivants ne pourront être enseignés sauf si l’on recourt à des enseignants mobilisés dans d’autres universités : Anatomie, Biochimie, Histologie, Entomologie, Physiologie, Bio Physique, Biologie moléculaire, Pharmacologie, Physio pathologie, Anatomopathologie, Splanchnologie, Neuro-anatomie, Protozoologie et helminthologie, Parasitologie, Radio anatomie, Immunologie, Embryologie, Gynécologie, Obstétrique, pneumologie, Cardiologie, Hématologie, Neurologie, Néphrologie, Néonatologie,  Psychiatrie, Chirurgie, Pédiatrie, Urologie, Chirurgie Digestive, Traumatologie, Chirurgie Maxillo-faciale, etc. En outre, la faculté de Médecine ne dispose pas de laboratoires dans les domaines suivants : Anatomie, Histologie, Physiologie, Anatomopathologie, Bio chimie, Parasitologie. Enfin l’UOR reste locataire et ne dispose pas d’auditoires dans lesquels il soit possible de former des médecins. Dans ce contexte, on ne pourra pas espérer former de manière crédible des médecins généralistes, qui soient bien formés pour prester de manière pertinente des soins de qualité aux congolais.
  4. Lien avec la formation des médecins bucco dentaires : s’engager dans la formation des médecins généralistes risque de consommer le peu de ressources que l’UOR investi dans la formation des docteurs en Médecine Bucco-dentaire.  L’UOR constitue la deuxième Université en RDC qui forme cette catégorie de cadres, dont nombreux hôpitaux ont encore besoin. Cette formation pourrait être considérée, ensemble avec la formation en santé publique comme le Core Business de la Faculté de Médecine de l’UOR. Bien que les premiers médecins dentaires aient été diplômés à la fin de l’année 2015, après un pénible parcours de 10 ans, des gros défis restent à relever quant à l’organisation des enseignements de qualité et à la mise en place d’un terrain de stage crédible. Ces défis requièrent un investissement et des moyens importants.
  5. Au point de vue de la concurrence : Dans la ville de Butembo, l’UCG s’investit déjà dans la formation des médecins généralistes et est largement en avance au point de vue du dispositif pédagogique et dispose déjà de ses propres cliniques Universitaires. A Bukavu, à Goma et à Kisangani, plus de 5 universités, fortement soutenues, organisent cette formation. S’engager sur la même filière serait d’amorcer un processus sur un terrain bien occupé. Fort de ce contexte, il semble plus judicieux de ré orienter la formation vers une filière qui forme des compétences pour lesquels les besoins sont réels dans le secteur santé, à savoir l’Ingénierie Bio médicale.

I- FONDEMENT SOCIAL

Ce projet d’ouverture d’une filière d’Ingénierie Bio-Médicale(IBM) à la Faculté de Médecine de l’UOR s’inscrit dans la droite ligne des missions dévolues aux facultés de Médecine. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (2000) et la Conférence Internationale des Doyens des Facultés de Médecine d’Expression Française (CIDMEF), les missions des facultés de médecine s’articulent autour de (i) la formation, (ii) la recherche et (iii) le service au développement des systèmes de soins et de santé. Une charte de consensus mondial sur les responsabilités sociales des Facultés de Médecine a été adoptée par le CIDMEF   en dix axes stratégiques.  Deux axes de ce consensus insistent particulièrement sur (i) l’anticipation des besoins en santé de la société (Axe1) et sur (ii) l’adaptation au contexte local tout en adhérant aux principes Universels (Axe 9). Enfin, ce projet s’inscrit plus globalement dans les objectifs 4 et 5 du développement durable pour le développement, objectifs édictés au niveau global en 2015.

Le contexte actuel de prestations des soins dans le système de santé dans le monde impose le recours à des technologies médicales, qui font partie intégrante du système de santé d’après l’OMS. Ce recours aux technologies médicales devrait s’accentuer et se complexifier au cours des années à venir.

De nombreux équipements comme les Microscopes, les appareils radiologiques et échographiques, les automates de laboratoire, les électrocardiogrammes, les électroencéphalogrammes, les endoscopes, constituent désormais des équipements dont ne peuvent se passer le personnel de santé dans le processus de diagnostic des maladies. Nombreux autres équipements sont nécessaires dans le processus de traitement (bistouri électrique, lampes scialytiques, tables opératoires, tables d’accouchements, appareil de réanimation du nouveau-né, appareils d’anesthésie) et bien d’autres sont indispensables pour améliorer le confort des patients. Tous ces équipements requièrent de la maintenance préventive et la maintenance curative régulière, dont l’expertise n’est pas disponible au niveau du secteur santé de la RDC et particulièrement au niveau des hôpitaux.

La carence de cette expertise en maintenance préventive et curative des équipements médicaux entraine des pannes précoces et fréquentes au niveau des équipements, ce qui réduit la longévité de ces équipements, engendre des gaspillages des fonds liés aux renouvellements desdits équipements et expose les patients pris en charge à des risques médicaux liés au non (mal) fonctionnement   des équipements, susceptibles de couter la vie à des patients. Nombreux hôpitaux prévoient des lignes budgétaires destinés à la maintenance des équipements médicaux, mais ils ont difficile à accéder à une expertise pertinente pour assurer la maintenance et les réparations requises. Des fois le recours est fait auprès des techniciens ou des ingénieurs formés en électronique, en électro mécanique ou en informatique, selon les cas, sans solution durable.

Idéalement des systèmes provinciaux de maintenance des équipements bio médicaux devraient être développés dans le cadre d’une stratégie provinciale. Ces systèmes devraient reposer sur un plateau technique de maintenance au niveau provincial et des plateaux techniques plus réduits au niveau des hôpitaux. Tous ces plateaux techniques devraient être tenus par des ingénieurs bio-médicaux avec la collaboration des techniciens bio-médicaux afin d’assurer une fonctionnalité continue des parcs d’équipement et en améliorer la longévité.

En bref, le secteur de la santé de la RDC a un réel besoin des techniciens et des ingénieurs bio médicaux pour faire répondre à ce besoin colossal de maintenance curative et préventive des équipements bio médicaux.

II- OBJECTIFS DE LA FORMATION

La filière d’Ingénierie bio médicale (IBM) est à cheval entre la faculté de Médecine et la faculté des sciences appliquées (Polytechnique).

  1. Mettre à la disposition de la société, du secteur de la santé en RDC, en particulier les hôpitaux, des cadres compétents dans (i) la maintenance curative et préventive des équipements bio médicaux, (ii) la conception et la mise en place des systèmes de maintenance des équipements bio médicaux, (iii) l’élaboration et la mise en œuvre des projets d’amélioration des plateaux techniques d’équipements bio médicaux.
  2. Mettre à la disposition de la société, du secteur de la santé, en particulier les hôpitaux, une expertise en matière de (i) conception des plateaux techniques de maintenance bio médicale, (ii) d’élaboration des projets, de suivi et d’évaluation des systèmes de maintenance des équipements bio médicaux et des parcs d’équipements hospitaliers

III- RESSOURCES POUR ORGANISER LA FORMATION

Cette filière a besoin de 4 types de ressources pour organiser à bien cette formation : (i) Des enseignants, (ii) des locaux pour assurer les enseignements, (iii) un cadre de stages et de travaux pratiques, (iv) une bibliothèque.

3.1. Les enseignants

cette formation nécessite des enseignants spécialisés dans les domaines de (i) la Médecine et l’imagerie médicale, (iii) ingénierie bio médicale, (iii) la Santé publique, (iv) la physique appliquée, (v) l’informatique appliquée, (vi) l’électronique appliquée et (vii) la chimie appliquée.  Des enseignants spécialisés dans ce domaine existent à l’UOR. D’autres enseignants seront mobilisés dans le cadre d’un partenariat avec (i) l’ISPT Butembo et (ii) l’ISTA Goma.

Le tableau ci-dessous donne un aperçu des enseignants potentiels pour démarrer cette filière :

3.2. Les locaux pour les enseignements:

Les locaux sont ceux actuellement occupés par la faculté de Médecine de l’UOR. Au démarrage de cette filière, un seul auditoire susceptible de contenir environ 40 étudiants est requis.

3.3. Le cadre des travaux pratiques et de stages

un atelier de travaux pratiques dans les domaines de l’électronique, l’informatique et la maintenance des équipements sera construit et équipé. En attendant, les travaux pratiques seront effectués au niveau du laboratoire de l’ISPT. Les terrains de stages sont constitués des hôpitaux de la province du Nord Kivu. Des conventions seront négociées entre l’UOR (Faculté de Médecine) avec la Division provinciale de la santé en rapport avec le terrain de stages.

3.4. Bibliothèque

l’UOR dispose déjà à son sein d’une Bibliothèque physique et virtuelle de plus d’un millier d’ouvrages et d’articles scientifiques (3605 volumes physiques et 7217 ouvrages et articles électroniques).  L’essentiel des ouvrages et des articles scientifiques pour les principales sciences de base sont disponibles. En revanche, cette bibliothèque sera renforcée par des ouvrages et des articles scientifiques spécialisés au domaine précis d’ingénierie bio médicale. Le choix de ces ouvrages et articles supplémentaires se fera avec le concours des enseignants pour leurs principaux domaines d’enseignement.

IV- CONTENU DES COURS

Les cours dispensés en graduat permettront aux personnes formées de disposer d’une expertise dans la maintenance curative et préventive des équipements moins complexes. Les cours dispensés en licence permettront de faire acquérir aux récipiendaires des compétences de conception et de gestion des systèmes de maintenance ainsi que des compétences de maintenance des équipements bio médicaux plus complexes.

Le tableau ci-dessous donne un aperçu des cours qui seront dispensés au cours de 5 années de formation.

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V- EVALUATION

Licencié en Statistiques et épidémiologie : cadre dont les La mise en œuvre de ce projet de filière d’Ingénierie bio médicale fera l’objet d’une évaluation à différents niveaux : évaluation des enseignements, évaluation de la production des compétences et l’évaluation du service à la Société.

5.1. Evaluation des enseignement

Les enseignements seront planifiés au niveau de la faculté de Médecine, en termes d’attribution et de programmation des cours. Le suivi du déroulement des enseignements et des stages sera effectué par le Conseil facultaire. Des évaluations annuelles du niveau d’exécution des enseignements et des stages par le conseil facultaire. Les évaluations des acquis de formation par les étudiants seront réalisées par chaque enseignant sous la supervision du conseil facultaire. Les critères de délibération institués par le Ministère seront d’application (Instruction N°017/MINESU/CABMIN/TMF/SMM/2015 du 30/09/2015).

5.2. Evaluation de la production des cadres compétents

La structure de la formation permet de décerner 2 types de diplômes : le diplôme d’Ingénieur Bio Médical de Niveau A1 (IBM1) et le diplôme d’Ingénieur Biomédical de niveau A0 (IMB0).

Trois ans après la production d’ingénieurs bio médicaux, une évaluation sera menée par l’UOR afin d’apprécier leur plus-value réelle au niveau des institutions sanitaires qui les emploie. Les résultats de cette évaluation permettront au besoin d’apporter des ajustements au programme de formation.

5.3. Evaluation du service à la société

En de la mise à la disposition de la société des cadres compétents dans la gestion et la maintenance des parcs d’équipements bio médicaux, la filière d’ingénierie bio médicale mettra en place un Laboratoire dédié aux travaux pratiques des étudiants et à la maintenance bio médicale des parcs d’équipements bio médicaux des institutions sanitaires. En outre cette filière sera positionnée dans la conception, la mise en œuvre et des projets de mise en place des systèmes de maintenance bio médicaux dans le secteur santé en RDC.

Enfin, des projets de recherche sur les systèmes de maintenance bio médicaux et leur efficacité seront menés dans le cadre d’un Centre de Recherche attaché à cette filière.

L’ensemble de ce service à la société fera l’objet d’une évaluation annuelle et tous les 3 ans. Les résultats de ces évaluations permettront d’adapter au mieux le dispositif afin que ce service à la société soit le plus adapté.

VI- RETROACTION

La rétro action des utilisateurs des cadres formés et des cadres formés, une fois sur terrain est essentielle pour adapter au mieux ce nouveau programme de formation. Un système de collecte des données auprès des cadres qui seront formés et des utilisateurs des cadres sera mis en place. La collecte des données sera organisée une fois l’an. Une triangulation des résultats d’analyse des données collectées et des données des évaluations permettra d’apprécier au mieux le bénéfice réel de cette formation et d’apporter des ajustements éventuels au contenu des cours, à l’organisation des stages et des travaux pratiques et au besoin aux méthodologies d’enseignement.

VII- RECHERCHE

Le domaine de la Maintenance bio médicale est très peu structuré dans le secteur santé de la RDC, les problématiques qui s’y posent ne sont quasiment explorées, analysées. Les défis dans ce domaine sont énormes.

Un centre de recherche couplé au Laboratoire de Maintenance bio médicale sera mis en place au niveau de la Faculté de Médecine.

Au niveau de ce Centre de recherche, il sera développé des projets qui permettront de mieux cerner, élucider les problématiques qui se posent dans les systèmes et les services de santé. En outre, les recherches qui seront menées pourront permettre de mettre au point des procédés technologiques nouveaux, voire de concevoir de nouveaux types d’équipements adaptés aux contextes des pays Africains.

La Mise en place du Centre de recherche et des Laboratoires va nécessiter un appui financier de l’Etat et le développement des partenariats avec des Universités étrangères qui s’investissent dans la formation en Génie Bio Médicale.

Contact

Doyen: Prof. Amisi Kitoko

Vice Doyen: CT. Kambale Kasonia (Chargé des enseignement)

Vice Doyen: Ass. Kihimba Ngwalangwala (Chargé de la recherche)

Sécretaire: CT. Kambale Saruti

Contact: fm@uor-rdc.net